L’Ecriture et moi

Le doute et la remise en question

 

J’ai un aveu à vous faire. Ça fait presque un an que je n’ai lu aucun livre, à part les miens ou ceux de mes amies. Ce n’est pas que je n’aime pas lire. Toute ma vie, j’ai été une grande lectrice. Dévorant volume après volume en ne prenant jamais plus de quelques jours entre deux lectures. Simplement, maintenant que j’essaie de passer pas mal de temps à écrire, je ne voulais pas risquer de me laisser influencer par le style d’un autre auteur. Et donc je lis beaucoup moins ces dernières années. Depuis quelques temps, je constate que j’en ai pâti.

Je ne suis pas un écrivain. Je raconte juste des histoires. J’ai souvent posté ce message sur mon twitter pour exprimer la différence abyssale qui existe entre ces deux notions, et à quel point le fossé ralentit ma route. J’aime imaginer des dizaines de vies différentes et les vivre par procuration. J’aime les partager avec d’autres personnes. Je suis devenue plus ou moins douée pour cette partie, d’autant plus depuis que je me diversifie dans les genres. Mais je ne sais pas écrire.

Par cette phrase, j’entends que mon style laisse à désirer, qu’il est basique et même qu’il ressemble un peu à… Une fanfiction. Oui, j’ai très honte de cette déclaration. En ce moment, j’ai même l’impression de manquer de vocabulaire et de ne plus savoir construire mes phrases. Je pense que c’est en partie dû à l’absence de lecture. Cependant, je suis tellement focalisée et happée par mes propres histoires que je refuse toujours de me laisser accaparer par d’autres.

Et malgré ça, je n’avance pas. Il est vrai que j’ai été malade et que j’ai surtout passé mon temps à dormir depuis une bonne semaine. C’est plus que ça. A chaque fois que j’écris, je trouve mon texte nul, ce qui est plutôt courant. Avant, une fois que je me relisais, je constatais que ce n’étaient que des doutes et que mon chapitre n’était pas si mal en soi, qu’il suffisait de le retravailler un peu. Maintenant, je n’ai plus cette consolation. En relisant ce que j’ai écrit, je constate que c’est encore pire que ce que je pensais et ça me fait perdre espoir et motivation.

Je pense avoir trouvé une solution, mais ce sera un sacré pas en arrière. Je vais relire Une Touche de Mal. Malgré tous ses défauts d’incohérences, de continuité et le scénario qui n’est pas toujours aussi bon que possible, s’il y a un point que je n’ai jamais vraiment remis en question, c’est qu’il est bien écrit. Du moins, de mon point de vue. J’espère retrouver mon style en replongeant dans le passé. Ne vous inquiétez pas si je n’écris pas pendant un moment. J’aimerais avancer, mais je préfère (comme toujours) écrire bien plutôt qu’écrire vite.

 

Poser le point final

 

Pour moi, la partie la plus dure de l’écriture d’un livre est toujours la fin. Non pas parce que je ne sais pas quoi écrire, la fin est généralement prévue depuis le début. Ce qui est dur, c’est d’abandonner des personnages avec qui j’ai passé tant de temps qu’ils semblent presque réels pour moi. De savoir que leur histoire s’arrêtera là et que personne, des fois pas même moi, ne saura ce qui leur est réellement arrivé par la suite. Du coup, j’y vais toujours à reculons et j’y passe toujours bien plus de temps que nécessaire.

Il y a peut-être aussi un peu du « Je peux faire mieux. » ou « Je peux encore ajouter quelque chose. » Comme j’ai entendu un jour dans un film, « une œuvre n’est jamais inachevée, on arrête simplement de travailler dessus ». Je trouve ça très vrai. Et prendre la décision de quel moment est le plus propice pour arrêter est toujours problématique pour moi. Je fais déjà une relecture et une correction par chapitre minimum (je m’étendrais plus là-dessus dans un article sur ma méthode d’écriture). Mais lorsque vient le moment de le faire pour le dernier chapitre/point de vue/scène, ce n’est pas pareil. Il y a un certain poids à vraiment valider le document et le juger prêt à l’envoi.

Je peux juger l’histoire bien dans l’ensemble et avoir du mal à me dire que ça suffit. On peut toujours en faire plus. C’est un fait. Et pourtant, on ne peut pas essayer d’améliorer à l’infini. Il faut bien arrêter un jour, sinon on ne finit jamais rien. Et j’ai bien trop de projets pour rester bloquée sur un seul.

 

Ma première dédicace

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Le 7 mai 2016, j’ai fait ma première séance de dédicace. Comme vous pouvez l’imaginer, j’étais très excitée et impatiente mais surtout, j’étais nerveuse au point de sentir mes épaules se contracter et mon estomac se tordre. Heureusement, comme c’était pour dédicacer le recueil Quatre fois où l’amour les a damnés et une fois où… , je n’étais pas seule. Maddy Facchin, ma meilleure amie avec qui je l’ai écrit, était là avec moi. A deux, la peur s’efface un peu comme on blague et qu’on parle de nos projets d’écriture en cours. On a été accueillies par l’équipe de Cultura Saint-Malo, qui a été adorable.

Malgré quelques temps morts dus à la météo (il faisait un grand soleil et on n’était pas loin de la plage, donc la plupart des gens préfère bronzer que traîner dans les magasins), la dédicace s’est bien passée. On a atteint notre objectif de vente et on a pu écrire entre deux interactions avec les clients. On a aussi rencontré des personnes intéressantes et encourageantes. D’autres auteurs, des poètes ou simplement des amoureux de la Bretagne qui ont apprécié le fait que ce soit cette région qui nous ait inspiré les nouvelles et qu’on les ai écrites ici. *au final, c’était une bonne expérience et je suis contente qu’elle se soit si bien déroulée. En espérant que ce soit la première d’une longue lignée!

La co-écriture

Ecrire à quatre mains n’est pas toujours facile. Il faut que les esprits des deux auteurs puissent s’harmoniser pour éviter la troisième guerre mondiale. Visions divergentes sur les personnages, envies d’évolutions et de rebondissements qui ne coïncident pas, tournures propres à chacun… Il faut affronter quelques problèmes pour écrire quelque chose de deux fois plus intéressant et réussi. Avec Maddy Facchin, je n’ai pas vraiment rencontré de problèmes. La première nouvelle que nous avons écrite ensemble, Amour & Damnation s’est créée de manière très fluide, avec les idées et les phrases qui fusent et se complètent. Pour la seconde, Le secret du Corail, nous avons voulu tester notre harmonie en écrivant le premier paragraphe chacune de notre côté. Et le résultat était très similaire. Le reste se fait assez naturellement, avec des propositions d’idées, parfois différentes où il faut choisir, parfois qui se rejoignent.
Je ne pense pas que ce serait aussi facile de co-écrire avec quelqu’un que je ne connais pas ou en qui j’ai moins confiance, mais j’ai hâte de renouveler ce projet avec ma meilleure amie car je trouve que nous réussissons plutôt bien ce type de collaboration et que l’histoire se trouve enrichie de nos idées mises en commun.

Vous pouvez vous faire votre propre opinion avec l’ebook ou la version papier de notre recueil Quatre fois où l’amour les a damnés et une fois où…

Un manuscrit rejeté, une déception à la clé.

L’attente est dure à gérer. Les mois qui suivent l’envoi du manuscrit, il y a un silence radio qui crée une tension alourdissant l’air. Tous les jours, et parfois plusieurs fois par jour, la question revient sur le devant de la scène : est-ce que je vais avoir la réponse aujourd’hui ?

On ne sait pas qui a notre livre entre les mains, qui est en train de juger notre travail. On ne peut pas être sûr de l’effet que produisent nos pages ou même si elles n’en ont produit aucun. On peut vérifier sa boite aux lettres tous les matins, son e-mail toutes les heures et à chaque fois, il y aura cette petite palpitation qui fera battre le cœur un peu plus vite, la nervosité de découvrir un refus de plus. Mais l’excitation nuance toujours le moment, l’espoir revient et on y croit l’espace d’un instant.

L’attente est dure à gérer ; une attente interminable qui se clôt sur un refus est pire. On a sélectionné les maisons d’édition avec attention, espérant pouvoir créer un partenariat avec celles qui nous inspirent. Celles dont la ligne éditoriale nous parle et à laquelle on pourrait s’intégrer facilement. Celles dont le catalogue pourrait accueillir notre titre parmi les autres qu’on admire.

Pourtant, les éditeurs ne le voient pas du même œil. D’une lettre standardisée, ils rejettent le manuscrit. La raison le plus souvent évoquée est que le manuscrit ne convient pas à la ligne éditoriale, ce qui ne tient pas toujours la route, mais on ne peut rien y faire. Tous les refus sont durs à encaisser, mais tant qu’on n’abandonne pas, il y a une chance.

J’ai dû recevoir environ 5-6 refus pour le moment et j’attends tout autant de réponses. Pour me distraire du fait que mon premier tome n’a pas été accepté, je travaille sur le suivant. Même s’il n’est pas accepté, l’écriture fait partie de moi et je n’ai pas l’intention d’arrêter, je passerai simplement au livre suivant.

Premiers envois

Voilà maintenant quelques mois que j’ai mis la touche finale à la version définitive de mon premier roman : Une Touche de mal. J’attendais quelques avis et maintenant je le considère enfin prêt. La semaine dernière, j’ai fait mes premiers envois aux maisons d’éditions qu’il pourrait intéresser et qui m’intéressent.

Certaines demandent des fichiers électroniques, ce qui rend tout plus facile, un petit mail et le sort en est jeté. D’autres ne démordent pas du papier et c’est ainsi que j’ai dépensé 72€ pour imprimer trois manuscrits que je pourrais envoyer et qui me seront retournés s’ils ne sont pas approuvés. Le prix de l’envoi n’est pas donné non plus, c’est normal quand l’affaire fait presque 300 pages et qu’il faut inclure une enveloppe affranchie pour se le faire retourner en cas d’échec !

Je sais que les réponses prendront des mois mais j’attendrais impatiemment avec l’espoir fou que l’un de mes éditeurs favoris verra le potentiel de mes mots. Je vous tiendrais au courant des refus et (soyons optimistes) de l’acceptation finale. Ensuite, j’emmènerais ceux que ça intéresse avec moi à travers le processus d’édition.

Une galère éditoriale !

Le recueil de nouvelles que j’ai écrit avec Maddy Facchin a causé des difficultés à chaque tournant depuis qu’on a posé le point final. Ce n’était pas de sa faute, mais ça ne nous motivait pas toujours, et pourtant on a tout essayé et fait de notre mieux.

Premièrement, notre illustratrice n’a pas pu nous envoyer la couverture dont nous avions rêvé à temps malgré les délais supplémentaires qui lui avaient été accordés. Nous nous sommes retrouvées au pied du mur, avec moins de 24h pour créer quelque chose de convenable. Mais nous sommes des auteures, pas des illustratrices. Pourtant, avec beaucoup de patience, et une expérience ponctuée par des crises de nerfs, des fous rires et des verres de vins, nous avons réussi à créer une vraie couverture à partir d’une image. Avec des jeux d’ombres et plusieurs heures de travail des détails pour modifier ce qu’on avait sous les yeux afin d’en faire une image dont nous aurions les droits et représentative du recueil, nous avons réussi.

Pourtant, dès que cette galère fut terminée, une autre se présenta : l’impossibilité d’utiliser notre plateforme pour un ebook. On règlera ça plus tard, en espérant que changer de plateforme suffira ! Celle qui suivit fut sans doute celle qui pompa notre temps à la plus grande échelle : le formatage. On en a appris des astuces sur word, hier !! Entre les marges, la taille de la page et la numérotation différée, j’ai eu envie de baisser les bras plus d’une fois. Mais avec le soutien de ma meilleure amie, on a fini par réussir. Mais c’était sans compter sur lulu.com, génial en théorie mais horrible à utiliser. La préparation de la couverture et les pages internet ne répondant pas ou n’enregistrant pas le travail en cours étaient le pire. Mais les vrai écrivains n’abandonnent pas pour réaliser leur passion et publier leurs livres alors on a tenu bon. Et depuis le 30 septembre, vous pouvez voir le fruit de notre travail et décider si vous souhaitez vous procurer Quatre fois où l’amour les a damnés et une fois où…

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